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Église orthodoxe serbe Sainte-Trinité
Type de construction: basilique à une seule nef, flanquée de maisons d'habitations datant de l'année 1912 Superficie bâtie: 400 m2 (parcelle 630 m2) Hauteur du bâtiment: environ 30 m croix comprise Coût: environ 2'000'000 SFr. Opposition: oui, par le service de conservation des monuments Maître d'œuvre: Stiftung zur Förderung der Serbisch Orthodoxen Kirche in der Schweiz, Zürich Architecteen: Milenko Lekic (Neuhausen), Fritz Schiess (Rapperswil) Début des transformations: été 1996 Durée des transformations: 6 ans Inauguration: bénédiction de l'autel: 23 novembre 1996 Bénédiction de l'iconostase: 9 septembre 2001 (l'inauguration définitive n'a pas encore eu lieu) Tradition religieuse: dès septembre 2001 orthodoxe serbe, auparavant catholique-chrétienne Du début du projet jusqu'à l'inauguration: 7 ans |

La basilique, d'une seule nef, flanquée de maisons d'habitation datant de l'année 1912, s'inscrit parfaitement dans la rangée de maisons.
A Zurich, celui qui se rend, de la halte de tram «Kalkbreite», dans le quartier sud tombe rapidement sur le dépôt de tram de la Elisabethenstrasse. En suivant cette rue en direction du centre ville, il voit bientôt, depuis le côté sud de la chaussée, un petit clocher gris-vert, à la suite d'une rangée de lucarnes. Le bâtiment, que ce dernier couronne, s'inscrit parfaitement dans le style de la rangée de maisons; en s'en approchant, on remarque néanmoins qu'il s'agit d'une église chrétienne. Sous le fronton triangulaire, le tympan et les hautes fenêtres cintrées, un deuxième petit tympan surplombe l'entrée. Dans son centre nous voyons une figure du Christ, en relief sur fond doré. En dessous, il est écrit en lettres cyrilliques dorées: «Chram svete troitze», en français: Eglise de la Sainte-Trinité.

La façade de l'église serbe de la Sainte-Trinité. Sous les hautes fenêtres cintrées un petit tympan surplombe l'entrée. En son centre est écrit en lettres cyrilliques dorées: «Chram svete troitze» (Eglise de la Sainte-Trinité).
La responsable Gabriele Schiess explique: «Rien ne peut remplacer l'atmosphère d'une église orthodoxe qui doit s'adresser à tous les sens du croyant.»
En 1994, la paroisse catholique-chrétienne décida de céder, contre loyer, à la communauté orthodoxe serbe, l'Elisabethenkirche construite en 1912. Deux ans plus tard, commenca le travail de transformation nécessaire pour réaliser une église orthodoxe: on éleva les aménagements liturgiques inutiles, tels les bancs et l'orgue.

Six ans après la «petite inauguration» de l'église, la communauté fête le 29 mai 2007 la montée de la cloche.
Comme l'église, ainsi que les maisons attenantes, était sur la liste des bâtiments protégés, l'Office des bâtiments décida l'arrêt des travaux en mars 1997. Deux ans plus tard, les autorités classèrent l'ensemble architectural définitivement «monument historique». Après d'âpres négociations entre l'Office de conservation des monuments et la paroisse, l'autorisation de construire fut renouvelée en mai 2000. Cependant l'orgue, l'escalier de la chaire et les fonts baptismaux durent être entreposés dans la cave de l'église.
L'intérieur de l'église fut pourvu de peintures murales byzantines. Quelques icônes furent placées dans l'entrée et sont visibles depuis la rue. En septembre 2001 eut lieu la «petite inauguration» de l'iconostase (voir image ci-dessous). Finalement, six ans plus tard, la communauté fit fondre une cloche et la hissa le 29 mai 2007 dans la tour. L'aménagement final du sous-sol commença seulement en janvier 2008 car on y avait entreposé l'orgue jusqu'en 2007. Ce n'est que lorsque cette partie sera disponible pour les nouveaux usagers que l'église pourra être définitivement inaugurée.

Milutin Scepan, président du Conseil ecclésiastique.
Milutin Scepan est président du Conseil ecclésiastique de la Paroisse orthodoxe serbe de la Sainte-Trinité à Zurich. Il raconte: «Le pasteur Todorovic m'a personnellement demandé si je voulais participer au Conseil ecclésiastique. Cela représentait pour moi un grand honneur.» Milutin Scepan est né à Belgrade mais vit depuis 1969, son année de naissance, en Suisse. A côté de son engagement religieux, il travaille comme ingénieur dans la construction à Zurich.

L'église serbe-orthodoxe, vue de la Seebahnstrasse à Zurich Wiedikon, domine le dépôt des trams.
Scepan raconte que l'emménagement de la communauté orthodoxe serbe dans l'Elisabethenkirche fut un long processus au cours duquel il fut communiqué clairement ce qui se passait et qui utiliserait dorénavant l'église. C'est pourquoi aucun problème grave n'émergea avec les voisins: «Nous avons vraiment étonnamment peu de problèmes.» Certains voisins s'inquiétèrent lorsque la communauté se dota d'une cloche car ils craignaient de fréquentes sonneries de cloche. Lorsqu'ils remarquèrent qu'on sonnait de façon régulière et plutôt rarement, cette inquiétude fut apaisée.

L'iconostase. Pendant la messe le prêtre représentant la communauté se dirige par la porte centrale vers l'autel qui symbolise le royaume des cieux.
L'église orthodoxe compte environ 150 à 170 millions de croyants dans le monde. Bien qu'il existe aujourd'hui 16 différentes églises orthodoxes, celles-ci se comprennent dans un sens théologique comme une seule et même église, indivisible. Les fondements communs de leur foi sont les décisions des sept conciles œcuméniques (jusqu'à et avec le deuxième concile de Nicée en 787 apr. J.C.). En conséquence, ces décisions sont communes à l'église orthodoxe et à l'église catholique romaine. Néanmoins, les vieilles rivalités et les antagonismes entre le «patriarche œcuménique et archevêque de Constantinople» d'un côté et l'église romaine de l'autre débouchèrent en 1054 sur le schisme d'Orient. Il s'ensuivit une séparation de l'église, entre église catholique-romaine et église orthodoxe, qui n'a jusqu'à nos jours pas été surmontée.
Les églises orthodoxes ont ceci de caractéristique qu'elles sont autocéphales, c'est-à-dire que chacune d'entre elles choisit librement son chef respectif, patriarche, catholicos ou archevêque. C'est ainsi que les églises orthodoxes s'opposent à la prétention de la papauté romaine au primat de la juridiction (pouvoir direct) et à l'infaillibilité pontificale en matière religieuse. Pour les églises orthodoxes, l'infaillibilité ne se trouve fondée que dans l'église dans son ensemble et ne peut être établie qu'au cours d'un long processus. Les églises orthodoxes diffèrent également des autres églises sur le rôle des sacrements et sur la question de la justification (compréhension du péché originel et de la grâce divine).

La peinture murale montre les croyants portés par la main de Dieu.
«Orthodoxe» signifie «conforme à la vraie doctrine»; l'église orthodoxe voit sa mission dans la perpétuation de l'authentique tradition de l'église des apôtres. Parmi les thèmes centraux de la croyance orthodoxe on compte l'action du Saint-Esprit, le salut par l'union avec le divin (theosis) et la compréhension de la sanctification du cosmos tout entier (metamorphosis). Les prêtres sont habituellement mariés mais ne peuvent néanmoins pas contracter un nouveau mariage s'ils deviennent veufs. Les évêques au contraire sont célibataires, et sont principalement choisis parmi les moines. Les monastères ont, dès les temps anciens, une signification importante et apparaissent comme les centres de préservation de l'identité religieuse et culturelle.

La «porte du roi» de l'iconostase est ici ouverte et on voit l'espace de l'autel.
L'orthodoxie ne se voit pas en premier lieu comme instance instruisant et moralisant, mais comme une communauté glorifiant Dieu, dont la théologie est fondée sur l'expérience. La liturgie a dans la croyance orthodoxe une place centrale et doit s'adresser à tous les sens. La «sainte et divine» liturgie, le service religieux orthodoxe, dure jusqu'à plusieurs heures durant lesquelles les croyants restent habituellement debout. Des chants, forme liturgique de prière prennent une large place et sont souvent exécutés par des chœurs entraînés. Les instruments sont par contre interdits. Une iconostase (mur d'images) sépare, ou plutôt réunit la nef, où se trouvent les croyants, avec l'autel où le prêtre, diacre ou servant, se tient. La nef symbolise la sphère terrestre, le monde des êtres humains, l'autel en revanche symbolise le royaume des cieux. Pendant la liturgie, le prêtre, représentant de la communauté, se dirige au travers de la «porte du roi», la porte centrale de l'iconostase, vers l'autel de l'abside. Les bougies et l'encens, symbole du parfum des cieux, font partie intégrante de la liturgie en tant qu'expérience sensorielle.
Les relations des paroisses serbes entre elles ne sont actuellement pas sans problèmes. A Zurich, il existe deux paroisses, en raison de désaccords au sujet de l'évêque pour l'Europe centrale, Konstantin Dokic. La deuxième paroisse (Pfarramt Maria Himmelfahrt) se trouve à Glattstegweg 91, 8051 Zurich.
Site de l'Église Sainte-Trinité
Site du Patriarcat de l'Église orthodoxe serbe
Texte : Edwin Egeter
Photos : Edwin Egeter (5, 7-9), Andreas Tunger-Zanetti (1-4, 6)

« Coupole − Temple − Minaret » est un projet du Centre de recherche sur les religions, Lucerne
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